mercredi 31 octobre 2012

Historique

Engelmann Godefroy, 1825
 "Cette église, comme tant d'autres édifices religieux, doit sa fondation à un voeu fait dans le péril. Le duc de Savoie, Philippe II, étant un jour à la chasse, eut le malheur de tomber de cheval et de se casser un bras. Les suites de cet accident devinrent graves; Marguerite de Bourbon, craignant pour-la vie de son époux, implora sa guérison du ciel, et promit, si elle l'obtenait, de faire bâtir une église et un monastère à Brou, prés de Bourg, qui faisait alors partie du duché de Savoie. Brou était un lieu en grande vénération pour avoir servi de retraite à un saint évêque qui avait toujours lutté en faveur de la justice et de l'humanité contre les seigneurs tout-puissants du dixième siècle. Le prince guérit, mais la duchesse mourut avant de pouvoir accomplir son voeu, et ce fut Marguerite d'Autriche, épouse de Philibert II , leur fils, qui se chargea d'exécuter la pieuse promesse.

 Cette église, bâtie avec une régularité et une élégance qui font le plus bel effet, est peut-être la dernière de cette beauté qu'on ait faite dans le genre gothique. Elle est en forme de croix latine, c'est-à-dire que la nef est plus longue que la croisée.

Cassien Victor Désiré
  La façade extérieure n'a point d'ordre particulier d'architecture c'est un assemblage très-riche d'ornements gothiques et d'arabesques; elle est couronnée par trois frontons disposés en triangle, et ornés pareillement avec beaucoup d'art. Le grand portail se fait remarquer par la statue de saint Nicolas de Tolentino, sous l'invocation duquel l'église est placée; par celles de saint Pierre et de saint Paul, à droite et à gauche; de Jésus- Christ, de la princesse Marguerite et de son époux, de leurs patron et patronne, et enfin par les génies qui les accompagnent. Les piédestaux avec leurs bases, les niches, les feuillages, les chiffres, les bouquets y sont en nombre considérable et taillés avec la plus extrême délicatesse. Au-dessus du portail, sur la galerie à claire-voie qui le domine, est placée une statue colossale, fort estimée, de saint André sur sa croix. Derrière cette figure sont de grands vitraux destinés à éclairer la nef. Plus haut, on voit une grande galerie également à claire-voie, surmontée de quatre vitraux. Enfin s'élève le fronton du milieu avec un beau et grand fleuron à son extrémité, et de chaque côté deux colonnes sur chacune desquelles est assis un lion portant les armes de Bourgogne.

Nef
 L'intérieur de l'église offre le coup d'oeil le plus gracieux, le plus ravissant, tant à cause de la clarté qui y règne, que par la majestueuse étendue de la nef principale, de la magnificence du chevet et des vitraux qui le terminent, de l'agréable proportion et de l'exquise légèreté de tout cet édifice on admire surtout la manière dont la voûte se repose sur les piliers. Ceux qui s'appliquent à suivre les détails de la coupe des pierres reconnaissent ici un chef-d'oeuvre de l'art pour cette partie tout y est de la plus grande exactitude; les nervures et les arcs qui soutiennent et partagent la voûte viennent prendre leur naissance jusque dans la base des piliers, aux moulures desquels ils répondent avec la plus parfaite symétrie.

Jubé
Stalles
 A la croisée de l'église se trouve le jubé, renfermant une multitude d'ornements, des groupes, des branches d'arbres, des bouquets, des fleurons, des guirlandes, des lacs, des chiffres travaillés à jour avec une grâce merveilleuse. Les stalles du choeur, en bois de chêne, sont ornées d'une foule de statues et de différents ouvrages aussi remarquables par leur exécution que par les symboles qu'ils expriment. Ici le bois a été façonné, évidé, découpé par le ciseau, comme la pierre dans les autres parties de l'église, avec une finesse, une légèreté, un soin qui ne s'expriment que par la patience la plus grande unie au goût le plus délicat. Du côté de l'autel, dans le choeur, se présentent trois mausolées, les plus beaux morceaux que renferme l'église de Brou ce sont ceux de Marguerite de Bourbon, dont. la piété vota la fondation de l'église; de Philippe II, son fils, et enfin de Marguerite d'Autriche."(1)
Tombeau de Marguerite d'Autriche
Tombeau de Marguerite de Bourbon

Tombeau de Philippe II

  1 Anciens monuments de l'Europe Châteaux, demeures féodales, forteresses, citadelles, ruines historiques, églises, [...] par une société d'archéologues. 1860.